Archives de Catégorie: le pont champlain

Les regrets de M. Lebel…

Les 4 et 5 mars 2014, M. Lebel répète encore que son message n’a pas changé depuis octobre 2011. Il veut donner l’impression que tout est sous contrôle par une attitude de « leader qui sait depuis longtemps où il s’en va » avec son projet de remplacement du pont Champlain. Or si cette attitude est bien perçue dans l’électorat loin du projet, il fait plutôt la démonstration d’une fermeture malhabile dans l’électorat proche du projet.

En effet, jusqu’à présent, ses choix prouvent qu’il a erré dans plusieurs aspects de son projet :

  • Depuis l’automne 2011, M. Lebel refuse de faire la démonstration par une étude de faisabilité complète, rigoureuse et objective que son projet est la meilleure alternative. Il en résulte un coût de projet annoncé entre 3 et 5G$ très supérieur au coût de 1,28 G$ estimé par BCDE, un consortium formé de 4 des plus grands bureaux d’ingénieurs-conseils du Québec, après une étude longue et coûteuse qu’il a lui-même commandée.
  • Ensuite, en choisissant d’investir 300 M$, puis 500 M$ et maintenant 600 M$ pour l’entretien d’un pont qu’il veut démolir, il rate l’urgence d’agir et sème l’inquiétude chez les utilisateurs par les mesures déployées qui causent des entraves sévères à la circulation allant jusqu’à la fermeture du pont.
  • De plus, en imposant unilatéralement un péage à travers un PPP occulte, il ignore honteusement la réalité de Montréal et de sa région et fuit l’obligation publique de démontrer la justesse de sa mesure.
  • Enfin, son annonce de devancer de 3 ans la livraison du pont de remplacement cache le fait qu’en 2018, tout ne sera pas terminé : l’A10 ne sera pas encore élargie à 3 voies, le SLR ne sera pas en opération et les approches sur la rive sud ne seront pas connectées au pont de remplacement.

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Peut-on faire confiance au fédéral pour fixer le péage au pont Champlain?

La région de Vancouver vient de voir doubler le péage sur son nouveau Port Mann bridge (de 1,50 $ à 3,00 $). La région de Montréal vit cela aussi avec les récentes hausses de péage aux nouveaux ponts de la A-25 et de l’A-30. Et ce n’est pas parce que ces nouveaux ponts coûtent plus cher d’entretien que prévu! Ils sont neufs… Ces hausses sont inexplicables, de la même façon que les hausses du prix de l’essence. Étonnamment, elles se font quand même avec l’aval du gouvernement, si bien que, de toute façon, l’usager paye toujours.

De toute évidence, ça ne changera pas avec le péage annoncé au pont Champlain. D’une part, de dire M. Lebel, « le péage ne sera connu que quelques semaines avant l’ouverture du pont de remplacement ». D’autre part, M. Lebel dit qu’il veut se baser sur les types de péages, avec ou sans transpondeurs, de l’A-25 tandis que M. Harper voudrait que le péage soit minime. Ces annonces entretiennent la confusion autour du péage.

Est-ce que le péage minime de M. Harper réfère au seul remboursement des coûts de gestion et d’entretien du pont de remplacement, comme jadis? Lire la suite

Le pont Champlain : une infrastructure de prestige canadien

Pourquoi réaliser un pont de remplacement qui pourra se comparer aux plus beaux ponts du monde? Parce que oui, un tel pont valorisera le marketing de Montréal. Mais surtout, c’est parce qu’il est, depuis l’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, une porte d’entrée vers le centre du Canada. C’est d’ailleurs uniquement à cause de la voie maritime qu’il s’élève à 40 mètres dans les airs et qu’il offre une vue spectaculaire vers Montréal. Il ne faut pas s’y tromper : l’esthétisme du pont Champlain profite plus au Canada qu’à la région de Montréal.

Les gens ne réalisent pas que ces ponts hors de l’ordinaire sont construits dans des pays où l’état est maître d’œuvre et reste propriétaire de ces ponts. Les coûts sont alors répartis à l’ensemble de leur population et non uniquement à la seule population locale. Pensez-vous que le viaduc de Millau en France a été construit, payé et est la propriété des 20 000 habitants de la Ville de Millau? Les villes qui osent se payer de tels monuments ont pour leur part plus de 10 à 15 millions d’habitants pour les payer.

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« Le respect des budgets et des échéanciers d’abord » du ministre Lebel n’est pas crédible (réf. Courrier du Sud du 13 février 2013)

Avec la présentation publique d’une première version de l’étude environnementale de son projet en décembre dernier et la publication précipitée du rapport d’Arup en janvier, le fédéral demeure cohérent avec sa position de n’écouter que les gens dont les idées ne servent qu’à améliorer son propre projet.

D’abord, son vœu de respecter les budgets ne cadre pas avec la scandaleuse marge de manœuvre de 2 G$ qu’il s’est donné en annonçant son projet entre 3 et 5 G$. Où est le mérite de vouloir réaliser son pont à l’intérieur d’un budget de 3 à 5 G$, quand le coût du pont a été établi par ses ingénieurs à 1,282 G$ ?

Ensuite, l’urgence d’agir que le fédéral a créé n’est pas cohérente avec la mise en service du pont de remplacement annoncée en 2021. Le fédéral explique la possibilité d’un tel report par l’investissement d’une étonnante somme de 360 M$ au cours des 10 prochaines années dans l’entretien du pont actuel, pourtant voué à la casse par le fédéral. Or comme le mentionne Arup dans son rapport, les efforts du fédéral dans les réparations du pont actuel ont jusqu’à présent été vains. Le fédéral sera t-il meilleur avec 360 M$ pour les 10 prochaines années ? Il faut en douter puisqu’il a lancé la serviette en promouvant le remplacement du pont. Ce sont donc essentiellement les usagers oubliés qui, en payant et en subissant au cours des 10 prochaines années l’aggravation des entraves à la circulation actuellement vécues, permettront au fédéral de respecter son échéancier.

Enfin, le pont proposé par le fédéral, mal aligné avec les approches actuelles, impose la coexistence des transports routiers et ferroviaires sur un même tablier. Cette proposition n’est pas ni économique ni recommandée parce que les deux mode de transports ne partagent pas les mêmes exigences de circulation.

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Nous demandons une étude objective des deux seules options possibles

Le 9 janvier 2013, le CRE-Montréal m’a invité à présenter la solution pont Champlain à différents journalistes préoccupés par les impacts de ce projet.

Ma perception jusqu’à ce jour est que les 125 000 utilisateurs journaliers du pont pensent que la solution imposée par le fédéral va régler tous leurs problèmes. Même les chambres de commerce se disent satisfaites des démarches du fédéral parce que ces démarches répondent à la demande de leurs membres corporatifs. D’autres spécialistes utilisent l’occasion de remplacer le pont actuel pour mettre en valeur ce point haut inespéré que présente cette traversée du fleuve afin d’offrir une perspective unique sur Montréal et sa plaine. Confiant, le public en général ne retient que l’annonce du nouveau pont. Il ne s’interroge pas ni sur son coût de réalisation, ni sur comment il sera réalisé.

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