Remplacement du pont Champlain : mauvais départ pour le fédéral

Le fédéral avance trois raisons pour amadouer l’opinion publique et influencer Transport Canada dans sa décision à venir quant au remplacement du pont Champlain.

Premièrement, il a faussé la nature et l’étendu des détériorations du pont Champlain en laissant croire que les déficiences des poutres de rive exigeaient la démolition de tout le pont. Or, ces poutres ne se retrouvent que dans la section en béton précontraint du pont. Et selon l’avis des ingénieurs de DELCAN, l’autre section du pont, celle de la superstructure en acier, est encore bonne pour 50 ans. Il était pourtant averti, bien avant 2007, que ces deux poutres de rive liées à leurs cinq voisines, ne peuvent tomber même après avoir perdu leur résistance. À preuve, la poutre de réserve, fabriquée au cas où mais à fort prix, ne sert que pour les photos.

Deuxièmement, le fédéral affirme qu’il n’y aurait pas de nouveau pont sans SLR. Belle leçon d’humilité pour les usagers du pont le plus achalandé au Canada, qui, chaque jour, passent 157 000 fois sur le pont Champlain. Le SLR n’est même pas arrivé qu’il est devenu prioritaire, essentiel et plus important que les usagers. Le lobby du SLR a t-il réussi à se faire payer une infrastructure pour traverser le fleuve sur le dos des usagers ? 

Troisièmement, il offre au MTQ ce nouveau pont ferroviaire à péage, flanqué de quelques voies routières. En refilant au provincial la facture de son entretien, il se défait du même coup de ses engagements pris lors de la construction de la voie maritime du Saint-Laurent, à savoir d’aménager le pont Champlain, de lever le pont Jacques-Cartier, de changer les routes et de prendre possession des terres.

Avant l’ouverture de la voie maritime, le port de Montréal était la plaque tournante de tout le transport maritime canadien. Aujourd’hui, c’est un port comme les autres tandis que ceux de Toronto et de Thunder Bay ont connu des essors remarquables. Depuis 1960, le Québec a contribué plus que sa part à l’essor économique du Canada central, des Grands lacs et des États-Unis en échange d’un pont Champlain. Pourquoi aujourd’hui nous offrir en péage une nouvelle facture en cadeau ? 

La solution pont Champlain exige une intervention rapide pour rassurer la population, évite des coûts énormes liés à de mauvais diagnostiques d’entretien et tient compte des besoins présents et futurs des usagers. 

La solution pont Champlain permettra un usage flexible des voies routières :

  • en dotant chaque groupe de 2 voies d’une voie d’accotement de pleine largeur, 
  • en départageant plus facilement l’usage et la destination de chacune de ces voies sans recours à des structures multiples aux approches et aux sorties,
  • en diminuant la saturation des accès au centre-ville de Montréal, 
  • en augmentant la capacité de transport entre la Rive-Sud et Montréal,
  • en améliorant la fiabilité des voies réservées au transport en commun (pas de délais de mise en service de ces voies le soir et le matin). 

Sa réalisation ne perturbera pas le trafic et demeure sans aucun doute l’alternative de moindre impact environnemental.

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